Boisea trivittata
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L'espèce se
distingue facilement des
autres Rhopalidae du Québec par sa couleur brun-noir marquée de lignes
rouges ou orange et par sa taille plus grande (>11 mm). En fait, par
sa couleur et sa taille, elle ressemble plutôt à certains Lygaeidae.
En
2000, le catalogue de Maw et al.
recense la punaise de l'Alberta à l'Ontario mais pas au Québec. Vingt
ans plus tard, on peut affirmer qu'elle est bien établie au Québec car
elle est observée régulièrement en vastes colonies de plusieurs dizaines d'individus.
Smith & Shepherd (1937) notent que B.
trivittata a peu de prédateurs connus. Les oiseaux,
pourtant observés à proximité
des insectes rassemblés en grand nombre, les dédaignent. Les auteurs
ont récolté 452 oeufs qui ont
éclos sans qu'aucun ne soit parasité. Seules les araignées semblent se
nourrir de cette punaise.
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| Adulte Boisea trivittata. |
Nymphes au stade III (en haut) et IV (deux en bas). |
Nymphe au stade V. |
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| Oeufs de B.
trivittata sous la feuille d'un frêne. |
Sur l'opercule de l'oeuf (→), de
minuscules protubérances sont disposées en fer à cheval. |
Oeufs éclos. |
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Les adultes
hibernent en groupe. À l'automne, ils se rassemblent en
grand nombre en compagnie de nymphes, le long des murs des
bâtiments, à
la recherche d'un abri
pour l'hiver. Les insectes s'introduisent parfois à l'intérieur des
maisons. Ils ne constituent pas une menace pour la santé humaine mais
peuvent devenir une nuisance lorsqu'ils sont très nombreux. Les abris
naturels sont aussi utilisés, par exemple sous des feuilles ou des
débris en zone
protégée, sous l'écorce ou dans les cavités des arbres.
Les
nymphes qui n'ont pas le temps de terminer leur développement ne
survivront vraisemblablement pas à l'hiver. |
| Sur le cadre de porte d'une habitation, les punaises sont par dizaines, cherchant un refuge hivernal. | Les coccinelles cherchent aussi à s'introduire à l'intérieur des bâtiments pour l'hiver. |
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En 1952, Tinker a
publié ses observations de l'espèce comme hôte de l'Érable à
Giguère. Au
printemps, il a observé les adultes le long des murs de bâtiments, sur
les surfaces exposées à la
chaleur du soleil, avant leur envol pour chercher de la nourriture. Il
remarque la très nette préférence des punaises pour les fruits
de l'Érable à Giguère. Au printemps et au début de l'été,
elles
se nourrissent des samares
de l'année précédente, tombées au
sol. Il les observe alors sous les érables, parmi la végétation basse.
Il a observé jusqu'à une douzaine de nymphes « attablées » autour d'une
même samare et s'y nourrissant. Plus tard en saison, lorsque
les fruits viennent à maturité, les
insectes se déplacent vers les arbres où ils peuvent aussi, mais moins
fréquemment, se nourrir du feuillage.
L'Érable à Giguère porte
ses fleurs
femelles et mâles sur des arbres différents. Parce que les
arbres à fleurs mâles ne donnent pas de fruits, il a observé peu ou
aucune punaise
B.
trivittata sur ces derniers. |
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Deux nymphes sur une samare au sol. |
Au sol, les nymphes à divers stades partagent de la nourriture. | Rarement solitaire, B. trivittata se rassemble en groupes de dizaines d'individus à différents stades. |
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| Smith
& Shepherd (1937) notent que, contrairement à la croyance
populaire qui l'associe principalement à l'Érable à Giguère (Acer negundo),
Boisea trivittata
s'alimente d'une vaste gamme de végétaux. Vingt-trois
hôtes ont été identifiés à l'époque: pommier, frêne, chêne, tilleul,
lilas, févier,
framboisier, etc. La punaise se nourrit à l'occasion d'insectes morts
(cigale, coléoptère). Ci-dessus,sur une piste cyclable, les nymphes ont
trouvé de la nourriture animale: patte de criquet ou ver de terre séché. |
| Liorhyssus hyalinus |
La membrane qui
se prolonge bien au-delà de
l'abdomen, le dernier article des antennes nettement plus long que les
autres et les deux marges latérales du pronotum généralement pâles sont
des caractères distinctifs de cette espèce. L. hyalinus
peut être jaune, rougeâtre ou brune. La punaise se nourrit sur de
l'euphorbe (Osborn cité dans Readio, 1928). Readio l'a élevée sur de la
Laitue serriole (Lactuca
serriola) et a observé en nature, sur ce même hôte, des
oeufs, des nymphes et des adultes en grand nombre.
Lors de ses élevages en captivité, Readio a observé la façon
remarquable dont s'alimentent les nymphes L. hyalinus.
Chez les punaises, les stylets forment un tube qui perce la nourriture
et en aspire les fluides. Au repos, ils sont enchâssés dans un sillon
du labium, à l'avant du rostre. À mesure que les stylets s'enfoncent à
la verticale dans le végétal, le labium se replie en zigzag. Toutefois,
lorsque les stylets des nymphes étaient profondément enfoncés dans le
végétal, ils se dégageaient complètement du labium qui se repliait
alors sous le ventre. Lorsque la nymphe avait fini de se nourrir, elle
retirait ses stylets du végétal, ramenait son rostre vers l'avant
et replaçait ses stylets dans le sillon du labium en se
servant de
ses tibias antérieurs.
La femelle pond ses oeufs, rouges à
tous les stades d'incubation, sur n'importe quelle partie de la plante
hôte. Readio a observé que sur la Laitue serriole, la femelle
choisissait de préférence les zones à proximité des fleurs pour déposer
ses oeufs en
groupes pouvant atteindre 50 oeufs. Les oeufs étaient rarement pondus
seuls. Chaque oeuf était attaché individuellement par une sorte de
pétiole mesurant 0,03 mm. Une femelle a pondu 558 oeufs durant les 50
jours qu'a duré sa captivité.
Voir une photo de l'adulte sur BugGuide. |